- Zakaria
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Allumer trois lampes Mais si la force de cette science reste insoupçonnable pour l'écolier, la situation devrait pourtant évoluer. La démarche d'investigation, déjà privilégiée jusqu'au CM2, va désormais être favorisée au collège et lycée. À l'IUFM de Bretagne, à Rennes, Alain Jameau forme les futurs enseignants en sciences physiques. "Plutôt que de donner du matériel et une fiche de travaux pratiques, où l'élève lit le schéma, doit savoir le câbler, prendre les mesures, et basta c'est terminé, l'enseignant lance un défi". Cela permet de faire émerger les représentations initiales de l'élève. Par exemple, pour l'électricité en classe de cinquième. "Comment allumer trois lampes ? L'élève réfléchit à cette question en petit groupe, émet des hypothèses, choisit le matériel et propose un protocole" Cette approche, utilisée parmi d'autres outils, comme l'histoire des sciences, évite de perdre les élèves en difficulté. Hélas, elle se heurte à des problèmes de budget, aux classes surchargées et aux contraintes horaires : les TP durent une petite heure au collège. "C'est insuffisant pour caler un enseignement expérimental et mettre les élèves en situation. Et il faut beaucoup de matériel. Tout le monde essaye de faire plein de choses dans son coin, mais il y a une partie bricolage". Parmi ces enseignants qui mettent leur passion dans la balance, Marie-France Castel enseigne la physique au lycée Chateaubriand, à Rennes. "Nous essayons d'établir un lien avec le monde réel. En modélisant des situations physiques qui existent autour de nous. Par exemple en mécanique, la trajectoire des satellites ou le saut d'un parachutiste". L'enseignante souligne l'importance de l'aspect expérimental, dans l'enseignement d'une culture scientifique. "On observe, par exemple, le mouvement d'un solide dans un fluide, avec une caméra, puis les élèves étudient le fichier vidéo avec un logiciel. Ces manipulations donnent du sens aux notions introduites en classe. Pour vérifier une loi physique ou, plus rarement, pour mettre en place des éléments de la démonstration scientifique". Apparemment, ses élèves en terminale scientifique ont l'air de jouer le jeu (lire ci-contre). Sur 34 élèves, 24 aiment la physique et 12 sont près à poursuivre dans cette voie. Mais une fois à l'université, rien n'est encore gagné ! "Il faut faire un gros effort pour intéresser les étudiants, estime le physicien Pierre Pellat-Finet, qui enseigne à l'Université de Bretagne-Sud, à Lorient. Cela veut dire, apporter beaucoup de soins dans les cours, par respect pour eux. Et faire des polycopiés, qui sont des documents qui demandent parfois des centaines d'heures de travail ! Proposer également des corrigés, après les examens et les TP". Preuve, selon lui, que cet investissement porte ses fruits, sur les 90 étudiants qui ont obtenu l'an dernier le Deug, qui correspond aujourd'hui la seconde année de licence, 22 ont poursuivi en physique à Lorient, plutôt qu'en maths, en biologie ou ailleurs, soit le quart des effectifs. "C'est énorme ! Mais les enseignants ne sont pas assez nombreux et cet investissement ne permet pas de consacrer du temps à faire de la recherche". L'effort doit aussi venir des jeunes eux-mêmes. Car découvrir la physique demande de la persévérance et un fort investissement. Sinon, la sanction est rapide : en passant de la seconde à la première scientifique S, le lycéen perd trois points en moyenne ! Un effet repoussoir plutôt radical. Mais le divorce n'est pas consommé pour autant, entre la jeunesse et la physique. Le concours "La physique c'est fantastique", organisé depuis septembre par le rectorat de Rennes et douze enseignants, a rencontré un succès inattendu auprès des collégiens et lycéens bretons
 
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